Mot du Frère Directeur



 

EDUCATION : LE DEFI DU TROISIEME MILLENAIRE.

L’Education  était, initialement, l’apanage du milieu familial. L’enfant y est initié à la socialisation, apprentissage langagier, savoir-faire de base, insertion culturelle bref,  une formation qui concerne l’homme dans toutes ses dimensions. Tout se fait en situation sous forme d’apprentissage direct, en contact avec son entourage (frères, sœurs……) sous le contrôle permanent des adultes.

Avec  l’évolution du temps, le monde éducatif doit revoir sa vision.  Il s’agit d’une formation  où prend une place prépondérante  l’instruction particulière : lire, écrire et compter. L’enfant n’est plus confié aux familles mais à une institution spécialisée dénommée école.
Il faut souligner le rôle qu’ont joué les missions religieuses dans la vulgarisation de ces écoles. Les pionniers ont pris soin d’allier formation technique avec  la catéchèse. C’était l’époque  de l’évangélisation  marquée par l’apparition des écoles publiques sous la responsabilité directe de l’Etat et les écoles privées, initiatives des personnes ou entités privées.
Généralement, l’école publique est à caractère laïc tandis que dans le domaine du privé, bon nombre d’Etablissement est  de confession religieuse.

Telle est de façon globale, voire stéréotypée l’appréhension  de l’éducation jusqu’à l’avènement de la technologie moderne qui a connu ces dernières années un essor phénoménal. On  assiste alors à une ruée vers la formation où le succès se mesure par la performance purement technique ;  par l’acquisition des connaissances permettant de s’ouvrir à un monde plus moderne exigeant  la parfaite maîtrise de la technologie. Et tout ceci  bien orchestré par  la mondialisation. On parle de course aux diplômes. Il faut noter  que cette tendance a été bien  pratique dans une période antérieure où l’école avait la vocation de former les futurs agents de l’Etat : fonctionnaires de l’administration (interprètes, scribes), instituteurs…….

L’Etat, avec sa politique et ses moyens (matériel, financier et surtout humain) n’a pas été en mesure de suivre le rythme toujours accentué de cette mutation. Paradoxalement avec les efforts consentis  pour améliorer l’éducation, on assiste à l’émergence de dysfonctionnements de tous ordres : capacité d’accueil débordée, manque chronique de budget, personnel insuffisant ou encore mal réparti, et dont la qualification  pour la plupart est loin de répondre à l‘exigence du métier. (Situation qui a  existé bien avant l’ère de la technologie moderne).

Ce constat  a donné naissance au terme « crise de l’éducation ».  Cependant, il faut dédramatiser la situation en parlant de crise. En effet, le mot crise n’est, ici, synonyme de troubles mais plutôt  l’expression d’une adaptation, difficile à mettre en œuvre certes,aux exigences d’un nouvel environnement social, politique, économique, culturel et financier. 

LA FAMILLE BASE DE L’EDUCATION.

La mutation au niveau de l’éducation résulte du changement  du concept de la famille. Initialement, composée du père, de la mère et des progénitures (famille au sens strict du terme) ;  traduit par « ankohonana » en malgache ; et éventuellement élargie avec les proches familles (cousins…cousines) appelée « fianakaviana ».

Actuellement, la notion de famille tend à se ramener à la forme la plus rudimentaire. Union libre par consentement de deux personnes (sans aucune procédure telle que mariage civil ou religieux ou encore union selon la coutume). L’apparition de la famille monoparentale devient de plus en plus fréquente. Dans ce cas,  la mission éducative revient à une personne qui joue à la fois le rôle de la mère  et du père.
En faisant un grand pas vers l’avant, nous assistons à une nouvelle structure de la famille, composée de deux personnes de même sexe. Situation qui fait abstraction de toute considération morale et affective mais reconnue sur le plan légal par certains pays et avec de plus en plus d’adeptes. On peut citer, ici, la loi concernant le PACS -Pacte Civil de Solidarité-  (Loi n° 99-944 du 15 novembre 1999 » qui confère une validité légale à l’union libre de partenaires majeurs du même sexe ou de sexes opposés…. »
Dans les deux cas,  la capacité à assumer la vocation éducative est nettement réduite sinon nulle.

QUE DIT LA BIBLE A PROPOS DE LA FAMILLE ?

Saint Paul en  a consacré, une grande partie dans son épître, en s’adressant aux Ephésiens.
(Ephésiens 5 : 22-25)
Femmes, que chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Eglise, qui est son corps, et dont il est le sauveur. Or de même que l’Eglise est soumise  à  Christ, les femmes  aussi doivent  l’être à leur mari en toutes choses. Maris, que chacun aime sa femme, comme le Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle…
(Ephésiens 6 : 1-4)
Enfants, obéissez à vos parents selon le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta mère afin que sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. Et vous pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur.
Dieu conçoit la famille à l’image de l’Eglise où règnent  amour et respect de la structure (la hiérarchie).

Saint Paul met en exergue les rôles et attributions de chaque membre de la famille (le père, la mère et les enfants). Certes, l’éducation n’est pas l’apanage du seul domaine chrétien,  c’est le devoir de tout citoyen. Mais l’Education chrétienne demeure le rempart  sur,  contre toute dérive, apte àaffronter les vicissitudes de tout changement  engendré par le courant de modernisme.

L’éloge d’une vraie éducation familiale n’a pas pour but de mettre en disgrâce  la vertu de                    l’éducation à l’école. Ecole et famille sont deux milieux indispensables pour une éducation complète de l’enfant.

COMMENT CONCILIER  EDUCATION SCOLAIRE ET EDUCATION FAMILIALE ?

La famille avec sa nouvelle vision,  l’école pressée par les innovations du monde moderne présentent toutes deux un dysfonctionnement manifeste. Ceci nécessite le recentrage de la stratégie éducative basée sur la conciliation d’une éducation familiale revalorisée et de toute forme d’éducation dispensée à l’école avec les reformes  qui s’imposent.
La famille contrainte de vivre au milieu des soucis : la santé, les conflits, le budget, les dialogues pas toujours possibles.  Les parents trop pris par les activités professionnelles disposent de très peu de temps à consacrer à leurs progénitures. Dès leur très jeune âge,  l’enfant  est confié à un centre spécialisé (crèche… jardin d’enfants…..) pour ensuite accéder à la classe maternelle (préscolaire). Cette formule présente l’avantage de libérer la mère afin de pouvoir vaquer à ces activités professionnelles. Pour l’enfant, elle permet une adaptation rapide à la vie sociale et le forme déjà à l’autonomie.

Mais cette situation ne présente pas que des avantages. En effet, comment concilier contrainte professionnelle et devoir d’éducation familiale ?  L’enfant ne ressentira que très rarement l’affection des parents généralement pour le repas du midi et soir.  Plus tard, ce moment privilégié  sera encore amputé de la rencontre du midi pour ne plus se voir qu’en fin de journée ou tout le monde est supposé de retour  au foyer. Même à midi, l’enfant prend son repas à l’école (cantine scolaire ou préparation au préalable à la maison). Ce rythme est maintenu  durant de longues années d’études.

Tout ce qui vient d’être évoqué est plutôt l’apanage des grandes villes plus particulièrement la capitale.  Dans d’autres localités, tout particulièrement en milieu rural, le problème revêt une autre forme. En dépit  de la  charge qui incombe tout particulièrement à la femme: corvée de ménage   (puiser  l’eau, chercher du bois de chauffe), l’enfant bénéficie de l’attention maternelle, il n’est séparé de la mère que pour les premiers pas de la classe vers l’âge de cinq ans. L’école étant généralement au cœur du village sinon, la fréquentation est nettement affaiblie.

L’INFLUENCE D’UNE AVANCEE  TECHNOLOGIQUE EFFRENEE

Le système éducatif en général est contraint de suivre le rythme vertigineux imposé par technologie nouvelle. L’apprentissage de l’informatique fait  partie intégrante  du paysage scolaire. Pour certains établissements c’est même un moyen de séduire les parents  d’élèves avec d’autres arguments tels que enseignement en français, cours d’anglais dès  la classe primaire…….
Un phénomène qui ne fait qu’accentuer la différence ou même le décalage entre  plusieurs entités éducatives : école publique/école privée – école rurale/école urbaine. On parle de fracture numérique entre le Nord et le Sud, mais le problème est aussi évident entre ville et campagne.  Il serait, en effet, illusoire de lancer un projet de vulgarisation de l’informatique là où le courant n’a jamais existé. Et même dans les grandes villes rares sont les établissements qui sont en mesure de dispenser des cours d’informatique à leurs élèves. Pour la plupart des établissements publics ou privés,  l’informatique n’est même pas encore au stade du projet.
La prolifération des centres d’apprentissage informatique ainsi que les services proposés par les  « Cybercafés »  en sont un palliatif mais l’impact demeure faible.  Notons  au passage le rôle de la publicité qui donne une dimension phénoménale ou même exagérée  à l’évènement.
(La publicité recouvre tout Madagascar mais l’informatique l’est beaucoup moins).  Pourtant l’engouement des jeunes pour cette discipline connait un essor sans précédent. ……
L’omniprésence des  établissements préscolaires,  scolaires (primaire, secondaire,  et même au niveau universitaire) est un indicateur encourageant de développement, mais paradoxalement, accompagnés de problèmes de tous  ordres : politique – économique – sociale.
La refonte de la stratégie éducative laisse un débat ouvert  sur base de reconsidération morale.

 

SOYONS PRETS A ASSUMER NOTRE ROLE D’EDUCATEUR.

Affronter les problèmes  actuels c’est faire face à l’avenir  avec les outils  qui s’imposent. Mais il faut avant tout des hommes. Hommes responsables.
- L’Ecole avec ses éducateurs, garants d’une institution chrétienne.
- Les parents acteurs principaux  de l’éducation   des enfants, selon les recommandations de l’église.
- Les jeunes, agents de leur formation, qui doivent être responsabilisés dès leur jeune âge pour devenir des  adultes ;  nantis de diplômes mais surtout formés pour être témoins d’une éducation chrétienne.Un engagement pour tous c’est d’être la lumière du monde.
« Vous êtes la lumière du monde…….. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient  vos bonnes œuvres, et qu’ils  glorifient votre père qui est dans les cieux. »
(Matthieu 5, 14 et 16)

 

Frère RAKOTOMIANDRISOA Raphaël

 



 THEME DE l'ANNEE

"...Mba hamokatra be ianareo"

                  (Md Joany 15 16 )


 EPHEMERIDE

- Primaire (1è trimestre )
- 1èr Cycle (1è trimestre )
- 2nd Cycle(1è trimestre )